La déception fut grande pour les participants de la Transjurassienne 2016. L'annulation de l'épreuve a créé un vide dans le calendrier national et dans le cœur des nombreux adeptes de ce grand rendez-vous annuel du ski de fond français. Chaque année, pas moins de 3 500 se retrouvent autour d'un objectif commun : franchir la ligne d'arrivée.
Vous êtes déjà tourné vers les prochaines échéances ou bien vous avez reporté toutes vos ambitions sur la prochaine édition ?
Hardloop vous guide dans votre préparation avec les conseils avisés de Jason Lamy-Chappuis, champion olympique du combiné nordique, quintuple champion du monde et quadruple vainqueur du Globe de cristal.
Tout jeune retraité sportif, Jason revient pour vous sur sa
préparation à la Transjurassienne.
Ma préparation
Je n'ai pas l'habitude de faire de longues distances, en tant que sportif de haut niveau je faisais rarement plus de 10km de course. Participer à la Transjurassienne constitue donc pour moi un beau challenge. L'objectif est d'abord de venir à bout des 68 kilomètres et de ne pas finir en hypoglycémie ou avec des crampes.
Pour la préparation je n'ai pas eu l'occasion de faire beaucoup de ski à roulettes, à défaut je faisais de la course à pied. J'ai participé aux 20km de Paris et au semi de Beaune à l'automne, c'est un bon moyen de se motiver pour aller courir et en plus on retrouve l'ambiance de courses de masse.
Ensuite, dès que j'en avais la possibilité, je rentrais en Franche Comté pour skier entre décembre et janvier. L'objectif est de retrouver un bon équilibre sur les skis et une bonne technique pour ne pas perdre trop d'énergie. Cela permet aussi de faire quelques séances longues pour s'habituer à la longueur de l'effort. Mais attention au rythme cardiaque, rester à une allure modérée et ne faire des accélérations qu'une fois par semaine.
Enfin, la semaine précédent la course, c'est du repos ou des petites séances.
Nutrition
Au niveau de la nutrition, pas de régime spécifique pour moi (dissocié, protéiné...), seulement une alimentation équilibrée avec beaucoup de fruits et légumes, des céréales complètes et de la viande ou du poisson une fois par jour maximum.
Pendant les séances longues penser à bien s'hydrater avec boisson énergétique, si possible, et s'alimenter avec des barres, fruits secs etc... Surtout, il est important de prendre de petites portions mais régulièrement.
Le Jour-J
Le jour de la compétition, il faut faire attention de ne pas s'emballer lors des premiers kilomètres, c'est tentant de vouloir suivre la personne devant. Mais si l'on se met dans le rouge, il faut longtemps avant de retrouver son rythme.
Ce que je fais en général, c'est de suivre mon rythme cardiaque à l'entraînement et de mettre en relation mes sensations avec le cardio. Ensuite, le jour de la course, pas de cardio, juste se fier à ses sensations pour savoir si on est dans la bonne zone : ni dans la zone de confort, ni dans le rouge. L'entrainement sert donc aussi à apprendre à interpréter ses sensations en fonction de son rythme cardiaque pour mieux "gérer" sa course ensuite.
Et pour une première ?
Clémence, ma conjointe, devait participer avec moi à la Transjurassienne 2016, elle partage donc ma déception. Planifier et se fixer un objectif commun est un bon moyen de se motiver mutuellement.
Son objectif comme beaucoup de monde était de terminer et de se faire plaisir avec de bonnes sensations. Elle a fait une bonne préparation avec de la course à pied et du ski de fond à partir de décembre comme moi. Le plus important pour elle était de trouver une bonne technique, économe en énergie.
Trouver un bon équilibre sur les skis est le plus important : plus on lutte pour rester sur ses skis plus on perd de l'énergie, il faut réussir à s'approprier une glisse la plus naturelle possible. Cela permet également de privilégier les parties de glisse pour que ça devienne des moments de repos, ce qui est essentiel dans une course de 68 km.
Peut importe votre objectif, performer, battre votre record ou bien simplement franchir la ligne d'arrivée, le plus important, de la préparation à la course, ce sont vos sensations et votre plaisir. Et trouver différents moyens de garder la motivation durant votre préparation, en vous fixant quelques objectifs en course à pied par exemple !
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Jason LAMY-CHAPPUIS Combiné nordique 28 ans, retraité sportif depuis 2015, actuellement en reconversion pour devenir pilote de ligne Champion Olympique, 5x Champion du monde, 4 Globes de Cristal, Porte drapeau de la délégation française à Sotchi |
Crédits photos : ©Tranjurassienne 2016 & Trans'organisation.