Patagonia, l’agriculture régénératrice comme solution au réchauffement climatique ?


Patagonia, l’agriculture régénératrice comme solution au réchauffement climatique ?

« Si nous tuons tous les sols, c’est fini pour nous ». Ce sont avec ces paroles qu’Yvon Chouinard, fondateur de Patagonia, pose le décor de son deuxième film WhyRO part 2 paru en juillet 2020. Le constat qu’il pose dès les prémices de son tournage est clair : un tiers de la couche superficielle de la terre est aujourd’hui abîmée, et cela pourrait concerner 90 % des sols d’ici 2050 (ONU). Comme le dit si bien le fondateur de la célèbre marque de vêtements et équipements outdoor Patagonia, il est grand temps d’agir ! De nombreuses marques et acteurs du même secteur ont d’ailleurs pris cette direction depuis plusieurs années et cherchent ainsi à trouver des solutions face aux problèmes environnementaux préoccupants. Parmi eux, Patagonia fait figure de modèle en matière d’environnement et de prises de positions et d’actions. Fondée en 1973 par Yvon Chouinard, ancien grimpeur et alpiniste, la marque s’inscrit, en effet, comme le visage de l’anti fast-fashion, mettant les préoccupations écologiques au cœur de son développement. Son dernier pari en date ? Un virage intégral vers l’agriculture régénératrice. La raison principale de ce tournant tient en une phrase : responsable de 30 % des émissions de CO2, de 70 % de l’utilisation des réserves d’eau douce et de 60 % de la perte de la biodiversité, l’agriculture de masse est arrivée à son terme. Face au bilan consternant de notre système agricole actuel, Patagonia a donc décidé de lancer une révolution en déployant l’agriculture régénératrice à grande échelle. Si l’idée semble attrayante, encore faut-il comprendre de quoi il s’agit exactement. Entre les fondements de l’agriculture régénératrice, son application sur le terrain, et les engagements forts de Patagonia à ce sujet pour appliquer et promouvoir la pratique, laissez-nous vous raconter l’histoire d’une véritable révolution verte en marche ! 


L’agriculture régénératrice, pour une régénération des sols


L’agriculture régénératrice, pour une régénération des sols

Qu’est-ce que l’agriculture régénératrice ?

« L’agriculture a pour caractéristique unique de pouvoir capturer le carbone. Elle peut non seulement atténuer le problème, diminuer ses effets mais surtout, elle peut réparer les dégâts » - Michael Pollan (journaliste, auteur et militant) 



L’agriculture régénératrice part d’un simple constat : notre alimentation est la cause du réchauffement climatique. Le système agricole actuel fonctionne comme une véritable entreprise, avec pour unique but de produire : toujours plus de rendement, pour des prix toujours moins chers. Si cela représente, pour beaucoup, de belles économies dans notre caddie, la réalité est, quant à elle, bien moins exaltante. Tout a un prix, et la nature est bien placée pour le savoir. Dans cette recherche constante d’efficacité, c’est en effet elle qui a été mise aux oubliettes, et qui aujourd’hui, par véritable effet de boomerang, nous alarme. Si l’agriculture est pour le moment en grande partie responsable du réchauffement climatique, elle pourrait aussi être le moyen le plus efficace de renverser la tendance. Non, vous ne rêvez pas. Changer le cours du réchauffement climatique n’est pas seulement un mythe, mais bien de l’ordre du possible. Il ne s’agit pas ici d’une solution utopique : l’agriculture régénératrice n’a, on vous l’assure, rien d’un fantasme.

L’agriculture que l’on nomme « régénératrice » porte bien son nom, puisqu’elle remet la nature au centre des préoccupations agricoles, en se focalisant principalement sur une chose : le sol. Le constat est simple, sans le sol, il n’y a pas de vie. L’affirmation fonctionne également dans l’autre sens : sans la vie, il n’y a pas de sol. Cela peut paraître évident, pourtant force est de constater que l’état actuel de nos sols est désastreux, et qu’il est grand temps d’y remédier. Les agriculteurs ont pendant longtemps porté une attention particulière à la protection de leurs cultures, en oubliant totalement d’avoir une vision plus globale de leurs actions. Les intrants chimiques ont donc été considérés comme un incontournable pour garantir les récoltes, mais le résultat aujourd’hui est dramatique : ils détruisent les sols, et tous les écosystèmes vivants qui vont avec. Face à cela, l’agriculture régénératrice n’a qu’une seule conviction : avoir de bons rendements passe par la protection et la restauration des sols.

Restaurer la biodiversité des sols permet d’augmenter la matière organique qu’ils contiennent et de réintroduire tout un cycle de vie. Or, tenez-vous bien, tout l’enjeu de l’agriculture régénératrice repose sur… les 12 premiers centimètres de terre, autrement dit la strate superficielle, riche de vie et de matières organiques. C’est cette même couche qui, lorsqu’elle est en bonne santé, est capable d’emprisonner de grandes quantités d’eau et de C02 et qui pourrait, à terme, réduire drastiquement le taux de CO2 présent dans l'atmosphère et les quantités d’eau utilisées pour notre alimentation.



On devine vos pensées à ce stade : en quoi cela diffère de l’agriculture biologique, présente dans tous les rayons de nos supermarchés et bien connue du grand public ? Pourtant, agriculture biologique et agriculture régénératrice diffèrent en bien des points, et cette dernière va bien au-delà. Laissez-nous vous en dire plus sur cette méthode de production vertueuse ! 


Agriculture régénératrice VS Agriculture biologique

En se concentrant uniquement sur la dimension environnementale, agriculture régénératrice et agriculture biologique semblent converger, ce qui peut porter à confusion sur les deux notions. En réalité, l’agriculture régénératrice est plutôt considérée comme une sous-division de l’agriculture biologique. De manière générale, l’agriculture biologique promeut des pratiques de culture et d’élevage plus respectueuses de l’environnement en mettant en avant des produits naturels sans produits chimiques de synthèse, ni OGM.

L’agriculture régénératrice, quant à elle, va beaucoup plus loin. Elle prend le meilleur de l’agriculture biologique, et développe ses principes en regardant quelles sont les meilleures pratiques pour promouvoir la santé du sol, des animaux, de la main-d'œuvre et des agriculteurs. Autrement dit, elle prend en compte l’écosystème agricole dans son ensemble et réunit le tout dans une seule norme pour créer un monde durable. L’agriculture régénératrice cherche à retourner aux manières ancestrales de produire dans un seul et même but : la régénération des sols. Et à la différence de l’agriculture biologique, l’agriculture régénératrice n’est pas tournée vers la conservation, mais bel et bien vers l’amélioration, notamment pour les générations futures. Le but n’est pas de maintenir la qualité des sols, mais de l'améliorer pour augmenter la masse organique qu’ils contiennent et rendre nos méthodes de production saines et viables sur le long terme.

Cela étant dit, une question se pose alors : concrètement, comment cela se traduit sur le terrain… et même pourquoi pas pour vous ? Que vous soyez agriculteur ou simplement un jardinier invétéré du dimanche, vous allez découvrir des méthodes simples que vous pourrez mettre en place, à votre échelle.  


Les critères pour se mettre à l’agriculture régénératrice


Les critères pour se mettre à l’agriculture régénératrice

L’agriculture régénératrice repose sur des principes entièrement tournés vers la santé des sols et le développement de la matière organique. Ces principes sont la ligne de mire de tous les agriculteurs qui veulent mettre en place des cultures régénératrices. Ils permettent d’ailleurs de mieux comprendre pourquoi cette méthode est si populaire auprès des fervents défenseurs de l’environnement. Nous pouvons, en effet, retrouver toutes les dimensions essentielles à l’amélioration de la situation climatique actuelle, à savoir :

  • Régénérer les sols
  • Améliorer les écosystèmes
  • Favoriser la biodiversité
  • Améliorer les fonctions du sol
  • Emprisonner le C02
  • Considérer l’agriculture et son environnement comme un tout
  • Développer les exploitations en fonction du contexte régional

Tous ces principes se traduisent par des actions concrètes. Sur le papier, vous pouvez penser que cela n’a rien de sorcier et que nous pourrions rapidement transformer toutes nos exploitations actuelles en culture régénératrice. Pourtant la réalité est bien plus complexe. L’agriculture régénératrice demande de la patience. Il faut faire évoluer l’exploitation, étape par étape, pour réussir à se recentrer sur l’essentiel et pouvoir constater un changement dans l’état de santé du sol. Alors si vous envisagez, vous aussi, de changer les choses, voici ce que vous pouvez mettre en place (ou du moins ce que vous pouvez partager autour de vous) :

  • Ne pas utiliser d’engrais ou de pesticides mais seulement du compost
  • Mettre en place des couverts végétaux pour augmenter la matière organique du sol, éviter l’érosion et piéger le C02
  • Planter différentes cultures dans un seul et même endroit
  • Planter des arbres et des plantes favorisant la vie des insectes et des pollinisateurs
  • Ne pas laisser son sol en jachère mais trouver des productions alternatives
  • Limiter le labourage
  • Avoir recours au pâturage

Ce dernier point est très important car l’agriculture régénératrice conçoit la culture agricole et l’élevage des animaux comme un tout qu’il ne faut plus dissocier. Dans un écosystème qui fonctionne correctement, les plantes et les animaux doivent vivre en harmonie et se compléter pour créer une nouvelle boucle écologique vertueuse.

Avant même que la question financière ne pointe le bout de son nez, laissez-nous anticiper vos pensées. À terme, les agriculteurs ayant mis en place l’agriculture régénératrice ont pu mesurer des rendements entre 6 à 8 fois supérieurs à ceux obtenus auparavant avec l’agriculture industrielle, et sur des surfaces bien plus petites ! Point de bonus, ce type d’agriculture demande également beaucoup moins d’entretien, ce qui représente à terme une économie de main-d'œuvre non négligeable. 

Vous l’aurez compris, l’agriculture régénératrice apparaît comme LA solution miracle a bien des égards. Déjà adoptée par les fervents défenseurs de l’environnement, elle bénéficie aussi de l’importance grandissante des enjeux environnementaux. Au cours de ces dernières années, beaucoup d’entreprises ont d’ailleurs fait le choix d’adopter des pratiques plus responsables et plus respectueuses. Pourtant, s’il y a bien un secteur qui, globalement, a longtemps été déconnecté de tous ces enjeux, c’est bien l’industrie textile. Aujourd’hui poussées à agir notamment à la demande des consommateurs inquiets, nombreuses sont les marques qui se cachent derrière une communication bien rodée mais qui, dans les faits, ne font pas grand chose. Une marque sort pourtant du lot : Patagonia, qui a pris le contre-pied il y a bien longtemps, en faisant de son engagement écologique la ligne directrice de son fonctionnement. 


Patagonia : pionnière de l’agriculture régénératrice 


Patagonia : pionnière de l’agriculture régénératrice

Patagonia et son engagement historique pour l’environnement 

Patagonia n’en n’est pas à ses débuts en matière d’engagement. Marque pionnière, elle a su s’imposer comme une référence en ce qui concerne les vêtements éco-conçus. L’environnement a toujours été au cœur des réflexions de la marque, porté par un engagement sans faille de la part de son fondateur, Yvon Chouinard. Avant même de se tourner vers le textile, cet expert de la grimpe s’est illustré dans le matériel d’escalade avec son entreprise Chouinard Equipment. La marque était, à l’époque, le fournisseur principal du matériel d'escalade aux Etats-Unis, ce qui n’a pas empêché Yvon Chouinard de prendre des mesures ambitieuses. Afin de protéger la roche, il a décidé d’arrêter de produire des pitons (pourtant le produit phare de sa marque) et de développer des alternatives (comme des coinceurs en aluminium). Avec Patagonia, ce grand amoureux de la nature est resté sur la même ligne de conduite, développant une marque audacieuse et symbole de succès. Celui-ci est d’ailleurs un exemple dont s’inspirent de nombreux entrepreneurs qui souhaitent concilier objectifs économiques et valeurs écologiques.

Depuis toujours, agir et faire bouger les choses font ainsi partie de l’ADN de Patagonia. Connue pour développer des projets ambitieux et, à première vue, risqués, la marque s’est d’abord illustrée en prenant le pari du coton biologique dans les années 90. Alors qu’aucune entreprise du marché n’y croyait, Patagonia a abandonné totalement l’utilisation de coton conventionnel en moins de 6 ans. Avec une production de coton 100 % biologique, le constat fut sans appel : la marque a enregistré une réduction de près de 45 % des émissions de CO2, et de 87 % de consommation d’eau, par rapport à la production de coton conventionnel. Pourtant, même devant ces résultats plus qu’encourageants et à l’heure où les enjeux environnementaux ne peuvent plus être ignorés, seulement 1% de la production mondiale de coton provient du coton bio, signe que des progrès restent à faire.

Patagonia et son engagement historique pour l’environnement

Mais alors, pourquoi ne pas sensibiliser davantage les autres marques du secteur ? Ce n’est pourtant pas faute d’essayer, puisque la marque encourage depuis des années d’autres entreprises à se lancer dans la production du coton biologique. C’est d’ailleurs dans cette dynamique qu’ils ont participé en 2002 à la création d’Organic Exchange, une association à but non lucratif visant à augmenter les ventes de vêtements en coton biologique. Renommée Textile Exchange en 2010, l’association fait la promotion du coton biologique et a étendu son rôle en incluant les fibres biologiques, recyclées ou biosourcées. Cette association cherche à favoriser les échanges entre les acteurs de toute la chaîne de production, à informer les professionnels comme les consommateurs, à concevoir de nouveaux modèles entrepreneuriaux durables et à trouver des solutions pour les grandes problématiques de l’industrie textile. L’association compte aujourd'hui plus de 197 membres, et représentait en 2009 un chiffre d'affaires cumulé de 755 milliards de dollars.

Du côté producteurs, personne n’est laissé de côté non plus. En majorité partisans de ce type d’initiatives, les producteurs renoncent souvent à transformer leur production pour des questions financières. Il faut, en effet, 3 ans en moyenne pour obtenir la certification et produire officiellement du coton biologique, ce qui peut être un frein pour de nombreux agriculteurs. Durant ces 3 années, les agriculteurs doivent effectuer tous les changements nécessaires pour transformer leur exploitation, ce qui engendre des coûts élevés. Pour autant, ils n’ont pas la possibilité de vendre leur coton avec la certification biologique, et doivent faire face à tous les producteurs de coton conventionnel qui pratiquent des prix moins élevés. C’est pour soutenir ces agriculteurs que Patagonia a lancé la collection « Cotton in Conversion » au printemps 2020. Cette collection utilise uniquement le coton qui n’a pas encore la certification, provenant de producteurs qui ont pris le pari de se lancer dans l’agriculture biologique.

Mais le coton biologique ne suffit pas à la marque, qui voit plus loin. A l'automne 2020, c’est 84 % de leur polyester qui est recyclé, ce qui représente une baisse de 8 % de C02, l’équivalent de 5 000 tonnes à leur échelle de production. La marque s’est également auto-imposée une taxe 1 % for the Planet afin de soutenir des associations environnementales. « Nous essayons de regarder chaque élément de notre chaîne logistique pour voir comment faire des changements positifs » - Helena Barbour (Head of Sportswear, Patagonia)


Patagonia et son engagement historique pour l’environnement


Dernier volet de combat, Patagonia accorde également beaucoup d’importance au fonctionnement de l’ensemble de sa chaîne d’approvisionnement. Ne se limitant pas aux matières premières, la marque s’est associée avec Fair Trade USA et fabrique ainsi des vêtements Fair Trade Certified depuis 2014. La marque propose aujourd’hui plus de modèles ayant cette certification que n’importe quelle autre marque du secteur. Et comme les chiffres valent parfois 1 000 mots, cela représente concrètement 83 % de leur gamme qui est confectionnée avec cette certification. Cette dernière repose sur des rémunérations plus justes pour tous les partenaires de la marque grâce à un système de primes. A chaque produit certifié acheté, Patagonia s’engage à verser directement une prime aux employés d’usine. A l’heure actuelle, plus de 50 000 ouvriers sont concernés par cette initiative, dans plus de 10 pays différents.

L’intérêt de Patagonia pour la préservation de l’environnement a donc grandi au fil des années, évoluant au rythme des préoccupations mondiales. Plus récemment, c’est vers l’agriculture régénératrice qu’elle s’est tournée, faisant de cette méthode sa priorité pour les années à venir. Le but de Patagonia est clair : développer des pratiques régénératrices viables pour l’industrie textile et agroalimentaire. L’agriculture régénératrice est apparue comme un choix évident pour les dirigeants de Patagonia, eux-mêmes convaincus que l’agriculture régénératrice n’est que la suite logique de leur engagement écologique. 


Pourquoi Patagonia a choisi de se tourner vers l’agriculture régénératrice ?  


Pourquoi Patagonia a choisi de se tourner vers l’agriculture régénératrice ?

Quand Patagonia a développé son premier coton biologique au milieu des années 90, il était clair pour la marque que cela ne serait qu’une étape dans leur long périple pour protéger la planète au travers de l’agriculture. La marque a, depuis, beaucoup évolué, mais surtout beaucoup appris de ses précédentes expériences et de ses nombreuses collaborations. Patagonia est bien consciente que l’agriculture régénératrice n’est pas une solution miracle à tous nos problèmes, mais qu’elle représente néanmoins une opportunité intéressante pour réduire notre impact environnemental et réparer les dommages que nous avons déjà causés. « La meilleure manière de cultiver de la nourriture et des fibres est l’agriculture régénératrice. » - Rose Marcario (CEO de Patagonia) (Vidéo 1)

Selon The Carbon Underground (une organisation internationale faisant la promotion de l’agriculture régénératrice depuis 2013), chaque hectare de terre agricole restaurée permet de réduire de 3 tonnes la quantité de CO2 présente dans l’atmosphère. Avec plus de 5 milliards de terres cultivées dans le monde, cela représenterait 15 milliards de tonnes de CO2, ce qui nous mettrait sur la bonne voie pour atteindre les objectifs mis en lumière par les Nations Unies et les accords de la COP21 pris en 2015 à Paris. Ces chiffres nous donnent rapidement les clés pour comprendre l’engouement actuel qui entoure l’agriculture régénératrice et la détermination de Patagonia à ce sujet.

Or, la marque est pleinement consciente que les chefs d’entreprise ont un rôle important à jouer pour sensibiliser les dirigeants et les inciter à prendre de nouvelles initiatives. C’est pour cette raison qu’elle est devenue le porte-parole de l’agriculture régénératrice, convaincue qu’un engagement à grande échelle est possible. Cette transition vers l’agriculture régénératrice s’est donc faite naturellement, comme une évidence pour les dirigeants de la marque qui ne cessent de s’intéresser aux nouvelles techniques de production éco-responsables.

Fini le greenwashing, les belles campagnes publicitaires qui cachent des réalités bien plus sombres et les paroles dans le vide : Patagonia s’engage et informe pour mettre en lumière tous les acteurs qui, comme eux, font réellement bouger les choses. 


Patagonia et la Regenerative Organic Alliance


Patagonia et la Regenerative Organic Alliance

C’est justement pour faire bouger les choses que Patagonia s’est associée en 2018 avec l’institut Rodale, pionnier dans les recherches sur l’agriculture régénératrice, afin de créer une coalition, la Regenerative Organic Alliance. Avec cette alliance, Patagonia a pu créer une équipe d’experts afin de mettre en place des normes en matière d’agriculture régénératrice. De cette alliance est née la Regenerative Organic Certification (ROC).

Cette certification est pilotée depuis maintenant 2 ans par Patagonia qui offre notamment un support financier important à ses membres. Phil Grave figure d’ailleurs parmi les membres du conseil de la ROC. Directeur du fonds de capital-risque de Patagonia Tin Shed, il est responsable des recettes allouées à l’agriculture régénératrice (qui s’élèvent à 75 millions de dollars) et supervise l’implication de la marque au sein de la ROC.

Actuellement, plus de 550 exploitations font partie de ce programme très exigeant. La certification repose sur 3 piliers :

  • La santé des sols
  • Le bien-être animal
  • L’équité pour les producteurs


Patagonia et la Regenerative Organic Alliance

Avec cette certification, Patagonia a même pu développer un nouveau projet : Patagonia Provisions. Sur cette plateforme de vente, Patagonia vend des aliments issus d’une production agricole régénératrice ayant obtenu la certification, et repense donc la manière dont nous considérons notre chaîne alimentaire, en mettant en avant des produits issus de l’agriculture régénératrice. « Nous fabriquons des produits qui montrent qu’il y a une autre voie à l’avenir » - Brigit Cameron, Directrice générale de Patagonia Provisions

C’est donc une nouvelle façon de consommer que cherche à promouvoir en permanence Patagonia. Leur objectif à terme ? Lancer des vêtements ayant cette certification. Un projet plutôt sous de bonnes augures, grâce à la mise en place du coton pilote en Inde.


Patagonia et la mise en place du coton pilote en Inde, une première mondiale


Patagonia et la mise en place du coton pilote en Inde, une première mondiale


Vous vous demandez probablement pourquoi le coton est un enjeu particulièrement important pour Patagonia. L’explication est simple. Le coton correspond à 40 % de la production textile mondiale, représente 2,5 % des surfaces cultivées et est responsable de 20 % de la pollution de l’eau dans le monde (Banque mondiale). La production d’un seul tee-shirt en coton nécessite jusqu’à 2 700 litres d’eau, et 16 % des pesticides utilisés dans le monde sont destinés aux productions de coton conventionnel. Autrement dit : le coton épuise et contamine nos ressources en eau tout en détruisant les écosystèmes.

Nous sommes bien d’accord, tous ces chiffres font tourner la tête, mais il ne faut pour autant pas les perdre de vue, et cela doit nous faire réagir. Avez-vous réellement besoin de ce nouveau tee-shirt ? Et si c’est le cas, pourquoi ne pas se tourner vers des marques utilisant un coton respectueux de l’environnement ?

Pour accélérer le mouvement, Patagonia a décidé de piloter la première culture de coton produit selon les normes les plus strictes imposées par la certification Regenerative Organic. Autrement dit : tester sur les cultures de coton les pratiques Regenerative Organic qu’ils ont mis en place afin de produire des cotons certifiés, toujours dans le but de réhabiliter les sols, respecter le bien-être animal et améliorer la vie des agriculteurs.



Et la marque n’a pas lancé ce projet n’importe où : l’expérience, première en son genre, prend place en partenariat avec 150 petites exploitations de coton en Inde... plus grand producteur de coton au monde ! Véritable succès, notamment au vu de la hausse des rendements, cette expérience a permis de lancer la première collection Patagonia avec du coton certifié ROC, comprenez Road To Regenerative.

Cette transition s’est faite naturellement pour les producteurs indiens qui sont finalement revenus à des techniques de production proches de celles qu’utilisaient leurs ancêtres. Ils ont mis en place les méthodes de l’agriculture régénératrice en développant notamment d’autres plantes en parallèle du coton, comme le soja, les cacahuètes et les pois chiches, ou en utilisant exclusivement du compost à la place des engrais liquides.

Si toutefois vous douteriez encore des bienfaits de l’agriculture régénératrice, Patagonia vous propose de voyager le temps d’un instant en Espagne, pour découvrir la ferme d’Alfonso Chico de Guzman et Yanniek Schoonhoven


La Junquera, une success story espagnole


La Junquera, une success story espagnole

Alfonso et Yanniek sont les propriétaires de La Junquera, une exploitation biologique et régénérative ouvrant la voie vers ce nouveau mode d’agriculture. Cet exemple met en avant le grand potentiel de l’agriculture régénératrice et donne tous les outils nécessaires pour réussir une transition vers des sols en meilleure santé et une gestion plus efficace des terres. Situé à Murcie, dans le Sud de l’Espagne, Alfonso a décidé de passer à l’agriculture régénératrice après avoir constaté une hausse significative des pierres dans le sol de la région, ce qui empêchait tous les agriculteurs de cultiver leurs terres. Cette hausse s’explique par la dégradation de la qualité des sols et les grands problèmes de sécheresse qui touchent fortement le sud de l’Espagne.

Si leur production n’est pas encore à 100 % régénératrice, Alfonso y travaille d’arrache-pied et les résultats sont probants. La ferme produit désormais en grande majorité des céréales issues d’anciennes variétés de graines, plus résistantes aux aléas climatiques, ce qui permet à Alfonso et Yanniek de stabiliser la récolte, même les années où l’eau se fait plus rare. En parallèle, ils ont également développé d’autres cultures afin de diversifier les écosystèmes. Ils produisent donc également des petites quantités d’amandes et de pistaches qui sont ensuite vendues par le biais d’une entreprise locale. Des zones naturelles ont aussi été créées afin de favoriser la biodiversité des écosystèmes, et production de céréales et élevage évoluent ensemble. Afin de mieux contrôler la gestion de l’eau, des rigoles ont été creusées autour des champs afin d’arrêter l’eau, de la retenir et de la redistribuer au mieux.

« Les rigoles s’effondrent et ne gardent pas l’eau ». Voilà ce qu’Alfonso pouvait entendre avant de se lancer. Résultat : les rigoles contiennent à présent une importante couche organique (ce qui représente une quantité de nutriments incroyable) et permettent de redistribuer l’eau efficacement. Il l’affirme, en augmentant la quantité de matière organique contenue dans la strate superficielle du sol, ne serait-ce que de 1 mm sur un hectare, la terre serait capable de retenir des millions de litres d’eau supplémentaires. Même si 1 mm peut vous sembler peu, les bienfaits apportés par cette quantité supplémentaire ne sont pas anecdotiques et un tel résultat peut demander plusieurs années de travail.



Passer d’une agriculture conventionnelle à une agriculture régénératrice demande de l'investissement et dire le contraire serait mentir. Mais tous les agriculteurs qui ont fait le choix de se lancer dans cette grande aventure ne regrettent pas et sont aujourd’hui porteurs de nouvelles méthodes durables, respectueuses et productives. Encore peu connue du grand public et des consommateurs, l’agriculture régénératrice a maintenant besoin de visibilité pour pouvoir prendre de l’ampleur. Patagonia s’est, là encore, emparée de la problématique pour diffuser le message !


S’engager pour inciter les autres, le leitmotiv de Patagonia


S’engager pour inciter les autres, le leitmotiv de Patagonia

Vers une évolution des mentalités

Quand Patagonia s’est lancée dans l’agriculture régénératrice il y a plus de deux ans, beaucoup n’y croyaient pas. Les consommateurs et les agriculteurs eux-mêmes n’avaient pas conscience de tous les enjeux vertueux qui se cachaient derrière cette pratique.

Au cours de ces dernières années, les mentalités ont beaucoup évolué et les habitudes de consommation des individus aussi. Aujourd’hui, la situation environnementale est jugée très préoccupante par 61% des Français au point de demander des « changements radicaux afin de consommer et produire moins, mais mieux » (Sport-Guide.com).

Les consommateurs ne se satisfont plus de ce que les grands industriels mettent en avant, ils veulent comprendre, être informés et participer aux changements. Les agriculteurs ont aussi pris les choses en main de leur côté. Conscient d’être en première ligne face aux conséquences du réchauffement climatique, beaucoup se sont tournés vers des nouvelles méthodes de production, des exploitations plus respectueuses de l’environnement. S’ils ne sont pas encore beaucoup à avoir fait le choix de l’agriculture régénératrice, Patagonia met tout en place pour soutenir tous ceux qui aimeraient se lancer dans cette grande aventure.

Surfant sur cette dynamique actuelle, nombreux sont les grands groupes qui ont également attrapé le train en marche. C’est notamment le cas de Danone qui a mis en place différents programmes et partenariats afin de soutenir l’agriculture régénératrice. Leur objectif est simple : assurer la totalité des matières premières produites en France par le biais d’une agriculture régénératrice d’ici 2025.

« Ma vision, c’est celle d’une agriculture régénératrice. Le bio en fait partie, mais il n’est pas toute la solution » (L’Express 2018) (Emmanuel Faber, CEO de Danone). 


Patagonia, « On ne veut pas faire ça tout seul »

Patagonia veut agir et faire bouger les choses, mais la marque ne veut pas le faire seule. Si les leviers d’action par lesquels Patagonia s’est engagée pour l’agriculture régénératrice ne manquent pas, une dimension très importante a été laissée de côté : la sensibilisation. Sensibiliser sur les problématiques actuelles et sur l’agriculture régénératrice est une priorité pour Patagonia, qui cherche à accompagner les consommateurs et les agriculteurs vers un nouveau modèle.

La marque a ainsi réalisé plusieurs films sur le sujet, et organisé deux tables rondes mondiales en août afin de permettre à tous de s’informer sur le sujet et de pouvoir échanger avec des experts. En plus de cela, la marque a à cœur de soutenir des projets éducatifs aux 4 coins du monde, afin de développer durablement cette agriculture alternative.

La ferme Junquera en Espagne a, à ce titre, créé la « Regeneration Academy » afin de permettre aux étudiants du monde entier de venir écrire leur thèse directement au sein de la ferme. Le but de cette initiative est de sensibiliser et d’informer cette nouvelle génération qui occupera des postes importants dans le futur et sera en mesure de prendre des mesures innovantes pour faire bouger les choses.

Patagonia soutient aussi des projets ambitieux, ici, en France. C’est notamment le cas du Domaine du Possible, un projet français originaire d’Arles unique en son genre. Cette exploitation agricole, biologique depuis 1972, s’est tournée vers l’agroécologie en 2014 et continue de faire évoluer son projet. Le Domaine du Possible est une association agricole et éducative qui découle de ces initiatives et a vu le jour en 2015. On y retrouve une école primaire et un collège où les enfants évoluent au cœur de la biodiversité et au contact des animaux, mais aussi une université agricole formant les futurs agriculteurs à l’agriculture régénératrice. Agir et sensibiliser sont au centre de la démarche de ce domaine, qui reproduit à l’échelle locale ce que réalise Patagonia à l’échelle internationale.  


Conclusion

Vous avez certainement fait quelques trouvailles en lisant cet article, et ce n’est certainement pas la dernière fois que vous entendrez parler d’agriculture régénératrice. Outre ce que vous en avez appris, il s’agit à présent de se questionner. Que pouvons-nous faire, à notre échelle, pour faire bouger les choses ? Nous avons tous un rôle à jouer dans cette transition et c’est aussi à nous, consommateurs, de prendre les bonnes décisions. Consommer, c’est finalement comme voter. Vous favorisez la seconde-main ? Ce sont des tee-shirts en moins à produire et des ressources en plus sauvegardées. Vous faites attention aux matériaux utilisés dans la conception de vos vêtements ? Vous encouragez les grandes marques et les producteurs à se tourner vers des cultures éco-responsables. Pour résumer cela simplement : consommez moins, mais mieux. Vous voulez aller plus loin ? Rien ne vous retient. Tout un champ des possibles s’offre à vous. Une visite sur le site de Patagonia vous fera d’ailleurs prendre conscience de tout ce dont vous êtes capable. Baladez-vous parmi les nombreux articles, fouillez leur onglet « activisme », découvrez comment vous impliquer sur Patagonia Action Works et sortez voir tout ce que la nature peut vous offrir. Vous réaliserez à quel point il est urgent d’agir. 

Vous savez maintenant tout sur l'engagement de Patagonia envers l'environnement. Vous avez été inspiré et vous souhaitez dorénavant mieux consommer ? Contactez notre équipe directement par téléphone au 01 84 67 14 24 (Appel gratuit) ou par email à hello@hardloop.com ! Nous nous ferons un plaisir de vous conseiller sur nos nombreux produits éco-conçus et/ou de vous orienter parmi les différents labels écologiques existants.


➤ Vêtements Patagonia - Boutique


Crédit photos (dans l'ordre d'apparition): (1,4,5,6,7,10,11,12,13)©Patagonia - (2)©Intuitivmedia/Pixabay - (3)©StockSnap/Pixabay - (8)©regenorganic.org - (9)©Jarrah Lynch/Patagonia

Laissez un commentaire

Articles liés